Nos agents

3 questions à Sébastien Gaudillere

 
 
Sébastien Gaudillere

Coordonnateur du service droit au logement à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCSdirection départementale de la cohésion sociale).

Quel est votre parcours ?

J’ai passé un bac S en Bourgogne d’où je suis originaire. Suite à l’admission au concours de technicien supérieur de l’équipement, j’ai suivi deux années de formation à l’école nationale des techniciens de l’équipement à Valenciennes dans le département du Nord. Pendant trois ans, j’ai occupé un poste de chargé d’études transport à l’observatoire régional des transports de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Champagne-Ardenne.

Je suis arrivé à la DDCS de la Haute-Savoie en septembre 2013 pour coordonner le service du droit au logement qui se compose de quatre personnes.

Qu’est-ce que le droit au logement opposable ?

D’après la loi du 5 mars 2007, qui institue le droit au logement opposable, l’État garantit un logement ou un hébergement à toute personne, de bonne foi, qui n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir. Ces personnes doivent résider sur le territoire français de façon régulière.

Ce droit s'exerce en premier lieu par un recours amiable devant une commission : la commission de médiation DALO.

Quelles sont les caractéristiques de votre mission ?

La Haute-Savoie est un département économiquement plus attractif que la moyenne nationale avec notamment la proximité de la Suisse. Le parc de logement locatif privé reste par ailleurs très peu accessible aux personnes défavorisées. Les loyers sont élevés et les garanties exigées sont nombreuses. Cela explique en partie le nombre très important de demandeurs de logement social et la forte progression des recours amiable en vue d'une offre de logement : 729 dossiers en 2013 et 1204 en 2014, soit une augmentation de 65 %.

Au-delà des délais réglementaires, nous nous devons d'instruire rapidement les recours des demandeurs dont la situation d’urgence les plonge parfois dans une grande détresse morale. Leurs recours sont ensuite présentés en commission de médiation DALODroit opposable au logement, composée de treize membres (dont trois représentants de l’État). Tous ces acteurs du logement et de l’hébergement dans le département se réunissent une à deux fois par mois pour statuer sur chaque situation. Tous les ménages reconnus « prioritaires » doivent être logés ou hébergés dans un délai réglementaire qui va six semaines à trois mois. C'est le rôle du service de veiller au relogement de toutes ces familles.

Nous ne recevons pas de public. Les recours nous sont adressés pour la majorité par les services sociaux. Toutefois, le poste que j'occupe demande une connaissance précise de l'accès au logement social afin d'orienter au mieux les personnes que l'on a régulièrement au téléphone. La diversité des publics concernés est une autre caractéristique de ma mission. La moitié des personnes déclare être dépourvue de logement ou menacée de l’être, l’autre moitié affirme occuper des logements sur-occupés, indécents, insalubres ou sont en structure d’hébergement ou dans des logements temporaires. La moitié des demandeurs est représentée par des familles monoparentales. Un quart est constitué de personnes seules.

J’éprouve une grande satisfaction lorsque je sais que la solution que l’on a trouvée pour un demandeur et sa famille lui permettra de reprendre pied avec une vie sociale digne.

 
 

A lire également :