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3 questions à Isabelle MARCHAL

 
 
Isabelle MARCHAL

En charge du contrôle des abattoirs pour la direction départementale de la protection des populations (DDPPDirection départementale de la protection des populations).

Quel est le rôle de l’Etat dans le contrôle de l’activité des abattoirs ?

La Haute-Savoie compte deux abattoirs à Megève (bovins, ovins, porcins) et Bonneville (bovins uniquement) qui sont gérés par des collectivités ou des entreprises privées. L’Etat exerce une mission de contrôle afin de garantir le respect de règles de protection animale ainsi que la qualité sanitaire de la viande qui sera mise sur le marché. Ce contrôle permanent vérifie l'adéquation entre les procédures de l'entreprise et la pratique quotidienne des opérations d'abattage. En tant que technicienne de la DDPP, ma présence est obligatoire de l’arrivée des animaux sur le site jusqu’à leur découpe : l’abattoir n’est pas autorisé à fonctionner en mon absence. Je m’assure que les animaux réceptionnés sont en bonne santé, contrôle leur origine, ainsi que chacune des étapes d’abattage. Je procède à des incisions réglementaires sur les carcasses et les abats afin de détecter des maladies et parasites comme la ténia ou la tuberculose. Si je considère qu’une partie ou la totalité de l’animal présente une anomalie, je mets de côté les pièces incriminées pour inspection par un vétérinaire et retrait de la vente au moindre doute. Il m’apparait essentiel que ce contrôle soit effectué par un agent de l’Etat, indépendant de toute relation commerciale avec l’éleveur, l’acheteur et l’abattoir.

Ce jeudi 24 septembre, les musulmans fêtent l’Aïd, en quoi cela impacte votre activité habituelle ?

C’est une période de forte recrudescence de notre activité sur une courte période puisqu’il est interdit d’abattre un animal en dehors d’un abattoir agréé par l’Etat. La réglementation sanitaire habituellement appliquée ne change pas afin de garantir la sécurité alimentaire de la viande. En revanche, j’interviens aux côtés d’un sacrificateur habilité par la Mosquée d’Évry ou les Grandes Mosquées de Paris et de Lyon. Il procède à l’abattage selon les rites musulmans mais est également formé au respect de toutes les règles en vigueur en France. Une certaine effervescence règne dans l’abattoir, la tradition étant que les fidèles qui ont acheté l’animal soient présents en tant qu’observateurs.

Technicienne d’abattoir est un métier peu connu et atypique, quel parcours vous a mené à exercer cette mission ?

J’ai d’abord exercé pendant de nombreuses années pour le service sécurité et qualité des aliments de la DDPPDirection départementale de la protection des populations. Je contrôlais et conseillais sur les normes d’hygiène les établissements en charge de la restauration collective (cantines, restaurants, snacks...). Lorsqu’on m’a proposé un poste en abattoir, ce n’était pas ma vocation initiale ! Il me semble nécessaire d’avoir acquis une certaine expérience avant de travailler dans cet environnement atypique et très masculin. Mais je ne regrette pas cette opportunité car nombre d’entre nous sommes des consommateurs de viande et il me semble essentiel que les règles relatives à la santé et la protection animales (vérification de la bonne santé animale, étourdissement de l’animal avant de l’abattre par exemple) soient respectées jusque dans ce lieu.

 
 

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