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3 questions à Hervé Némoz-Rajot

 
 
Hervé Némoz-Rajot, directeur de l'agence territoriale de l'office national des forêts (ONF) © Philippe Vogel - ONF

Hervé Némoz-Rajot est le nouveau directeur de l'agence territoriale de l'Office national des forêts (ONFOffice national des forêts) depuis le 1er janvier 2017.

Quel a été votre parcours ?

D'abord grand reporter pendant 4 ans, j'ai décidé d'entrer à l'ONF en 1981.

Parmi les différentes régions les plus marquantes dans lesquelles j'ai pu travailler, Nantes et ses dunes si particulières ont été une belle expérience professionnelle.

Le slogan de l'école forestière me reste en tête encore aujourd'hui dans mes nouvelles fonctions : "Imiter la nature, hâter son œuvre".

Quelles sont les spécificités de la Haute-Savoie ?

La Haute-Savoie présente des paysages magnifiques. Les forêts évoluent au fil des années et sont très diversifiées : elles sont aussi bien péri-urbaines, rurales, de plaine ou de montagne.

C'est un département où on trouve 22 forêts domaniales mais la majorité des forêts sont communales (au nombre de 264). Donc, plus qu'ailleurs, l'ONFOffice national des forêts a une relation d'échange, de conseil et de coopération très riche avec les collectivités. La Haute-Savoie est également très dynamique avec une vision moderne et équilibrée de la forêt : on retrouve à la fois l'envie de préserver ce patrimoine, d'accueillir des visiteurs et la culture rurale et forestière indispensable pour une gestion durable du paysage forestier et de sa biodiversité.

Les 5 unités territoriales de Haute-Savoie ont en charge 63287 hectares, un technicien forestier territorial peut donc être amené à gérer près de 1200 hectares à lui seul. L'équipe de 184 personnes est constituée aussi bien de fonctionnaires que de contractuels de droit privé ou public ou encore de contrats aidés, de professionnalisation ou d'apprentissage.

=> Pour en savoir plus :

Concrètement, en quoi consiste le travail des agents de l'agence territoriale ?

Notre travail se décline en 3 missions :

Plateau des Glières © Claude Lebahy

Plateau des Glières

1) Nous sommes mandatés par l’État pour gérer ses forêts domaniales parmi lesquelles on retrouve celle du Plateau des Glières.

Leur gestion durable et l'accueil du public font partie de nos devoirs c'est pourquoi une forêt domaniale ne sera jamais fermée au public à pied !

=> Pour en savoir plus : Votre sécurité en forêt 
(nos recommandations, les sites à visiter)

Jean-François Courtet, technicien forestier territorial en martelage © Claude Lebahy

Jean-François Courtet, technicien
forestier territorial en martelage

2) Nous mettons en œuvre le régime forestier dans les forêts des collectivités publiques en lien direct avec leur propriétaire.

L'objectif est, tout comme c'était déjà le cas dans la toute première ordonnance de 1346 de Philippe de Vallois, de préserver les ressources forestières, comme le démontre son article 4 : "Les maîtres des eaux et forêts enquerront et visiteront toutes les forez et bois et feront les ventes qui y sont, en regard de ce que lesdites forez se puissent perpétuellement soustenir en bon estat".

Cette pérennité de nos forêts ne peut être possible qu'avec un équilibre entre la protection de la biodiversité et des humains et nécessite une vision à long terme, résineux étant exploité vers 120 ans en montagne.

On nous demande souvent la quantité d'arbres que l'on plante. Je réponds toujours "le moins possible" car notre travail d'analyse et de prévision est une réussite si la régénération se fait naturellement par les arbres semenciers.
La plantation est notre dernier recours et est majoritairement pratiquée en cas de catastrophe (incendie...) ou d’échec de la Nature.

La forêt de nuit © Claude Lebahy

La forêt de nuit

3) Enfin, nous pouvons être sollicités pour des activités conventionnelles par tout un chacun pour des travaux d'étude et de diagnostic pouvant mener à des actions sur le terrain.

Je peux citer entre autres la création d'un parcours santé et histoire au plateau des Glières expliquant le rôle des agents forestiers dans la protection des résistants ou encore la renaturalisation de certaines berges avec réintroduction de terrains naturels.

Les techniciens de l'agence territoriale font également découvrir la forêt parfois de nuit ou encore initient les enfants à la forêt communale lors de sorties scolaires.

Nos équipes spécialisées ("arbre conseil" ®) interviennent aussi pour diagnostiquer les arbres et procéder à l'élagage de certains d'entre eux, comme cela a été fait dans le parc de la Préfecture.

parc de la Préfecture d'Annecy © Jessica Vittorini

parc de la Préfecture d'Annecy

Le saviez-vous ?

La forêt française fait de la France le 3ème pays d'Europe en superficie forestière. La forêt française augmente naturellement chaque année et sa gestion réglementée permet qu'elle ne soit pas menacée.

Créé en 1964 en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) sous l'impulsion Edgard Pisani, ministre de l’agriculture, l'ONF ne coûte rien à l’État et donc au contribuable (Retrouvez ses débuts étonnants sur le site de l'ONF).

Forêt a une origine latine, contrairement au grec sylva. Sur leurs cadastres, les Romains nommaient "foresta" tout ce qui était "étranger à l'homme" - les espaces restés sauvages (en dehors de ceux mis en valeur par les communautés villageoises). Les Gaulois ont cru que cela désignait les forêts et ont donc repris ce mot, ce qui fut repris plus tard en "forest" puis "forêt". Le mot forestier vient quant à lui des "forestarii", préposés aux Eaux et aux Forêts formant le premier service permanent public sous Charlemagne.

 
 

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