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3 questions à Eve-Marie Ibghi

 
Eve-Marie Ibghi

Eve-Marie Ibghi est la déléguée du préfet, en charge de la politique de la ville, depuis le mois de juillet 2016.

Quel a été votre parcours pour arriver jusqu’à ce poste ? 

A l'origine, je possède une formation en communication politique et institutionnelle. Titulaire d’un master en Sciences Politiques, mon parcours professionnel m’a amenée à travailler tout d’abord dans la communication en agence privée, puis au cabinet du Ministère de la Défense. Ensuite, j’ai rejoint la région Rhône-Alpes pour m’orienter vers les ressources humaines où j’étais chargé de la reconversion du personnel militaire. Cette expérience m’a permis de travailler sur les problématiques liées à l’emploi et à l’économie d’une région. Depuis juillet 2016, je suis à présent déléguée du préfet de la Haute-Savoie, en charge de la Politique de la Ville. Il s’agit d’une création de poste sur le département, je suis la première à y exercer ces fonctions.

En quoi consistent vos missions en tant que déléguée du préfet ? 

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis déléguée du préfet, en charge de la politique de la ville. Ce point me paraît très important car il définit précisément mon champ d’action. La politique de la ville, permet de restaurer l’égalité républicaine dans les quartiers défavorisés et d’améliorer les conditions de vie de leurs habitants .

Les thématiques sont nombreuses; emploi, éducation, logement, cohésion sociale, sécurité et délinquance, santé et rénovation urbaine. Il faut savoir sans cesse s’adapter, analyser les situations et avoir une bonne connaissance des dossiers. 5 contrats de villes ont été élaborés en 2015, afin que cette politique soit adaptée aux besoins spécifiques de chaque territoire concerné en Haute Savoie (loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine).

Le délégué du préfet a en charge, avec les services de l'État et les sous-préfets, de coordonner la politique de la ville, pour la rendre plus efficace et plus lisible dans les quartiers prioritaires et d'accompagner la mise en œuvre des contrats de ville. Mandaté par le préfet, il se fait également l'interlocuteur des acteurs locaux tels que les habitants, les collectivités, les bailleurs et le réseau associatif. De part mes actions, je me situe donc au carrefour des politiques publiques visant à mobiliser et à renforcer l'action de l'État et les dispositifs existants sur le terrain.

La force de la politique de la ville est véritablement de pouvoir articuler tous ces champs dans un objectif de renforcement de la mixité sociale et de l'égalité, tout en assurant un lien étroit avec les politiques menées par les collectivités locales. En effet, quand on parle d'acteurs de terrain, on ne peut faire l'impasse sur les élus des communes et leurs équipes techniques qui mènent au quotidien des actions d'amélioration de la vie publique dans les quartiers prioritaires. Il s'agit donc pour moi de les aider à identifier et à mettre en place de nouvelles actions qui répondent aux besoins du terrain. Il peut s'agir par exemple d'organiser et de permettre la constitution de conseils citoyens, associés à l'élaboration et au suivi des contrats de villes. Véritables instances de démocratie participative, ces conseils citoyens permettent aux habitants de réfléchir aux axes d'amélioration de leur vie de quartier, et de s'investir pour leur quartier. Cette réflexion se mène en partenariat bien sûr avec les collectivités locales et les services de l'État. Elle permet également aux habitants de prendre connaissance ou de mieux comprendre les actions entreprises par l'État et les collectivités, et les contraintes liées aux institutions, auxquelles ils se trouvent parfois confrontés lors de leurs projets d'amélioration. L'idée est de faire comprendre que tout n'est peut-être pas réalisable, mais que tous ensemble, il est toujours possible de réfléchir pour trouver la meilleure solution possible à un problème et d'activer les bons leviers pour les mettre en œuvre.De notre côté, ces instances citoyennes sont extrêmement importantes car elles révèlent les besoins et envies des habitants, ce sont de véritables baromètres de la vie du quartier.

Sur quelles actions spécifiques au territoire de la Haute-Savoie travaillez-vous ? 

Le département de la Haute-Savoie compte 6 quartiers prioritaires répartis sur 5 contrats de Ville qui ont été signés courant 2015 :

  •  Communauté d’agglomération Annemasse- Les Voirons (quartiers Le Perrier/Chateau Rouge/Livron/ Hélvétia Park à Gaillard)
  •  Communauté de commune du Genevois (quartiers St Georges et Route de Thairy)
  •  Communauté de communes Faucigny Glière (Bonneville- quartiers Bois Jolivet/les Iles/ Bellerive)
  •  Communauté de communes Cluses-Arves et Montagne (Cluses- les Ewües)
  •  Thonon-les-Bains (quartiers Collonges et Sainte Hélène)

Un contrat de ville est élaboré pour 5 ans. Mon arrivée en juillet 2016 m’a permis de constater les premiers effets des actions menées en 2016. Je travaillerai notamment à renforcer les actions des services de l’État dans deux domaines :

  •  le volet emploi/économie
  •  le volet réappropriation des valeurs républicaines, avec toute une réflexion autour de la notion de laïcité et du devoir de mémoire.

Ce travail se fera en partenariat étroit avec les services de l’État et en relation entre collectivités, associations et État. C’est, à mon sens, la meilleure façon de réussir.

Je me vois donc, comme un facilitateur, un coordinateur et un « dynamiseur » . « Dynamiseur » dans le sens où j’aide à lancer de nouvelles réflexions et de nouveaux projets, comme celui de l’emploi aujourd’hui. Thématique que je connais bien grâce à mon expérience professionnelle passée. Mon objectif est de créer ou recréer du lien entre les différents acteurs qui mènent parfois chacun des actions porteuses, qui seraient d’autant plus efficaces si elles étaient partagées et menées en concertation. C'est la cas par exemple du travail que nous allons mener conjointement avec la DDCSdirection départementale de la cohésion sociale, afin d'orienter et d'accentuer les actions d'aides sociales et sportives au plus juste besoin de chaque territoire. Vous l’aurez compris, et j’en suis convaincue, tout passe par l’élaboration de projets communs !

 
 

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