Août 1944, libération de la Haute-Savoie

 
©Famille Périès

30 août 44, défilé de la libération à Annecy

En 2016, la France célèbre le 71ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale. La Haute-Savoie a quant à elle été libérée dès 1944 par les seules forces unies de la résistance, ce qui est un cas unique en France.

Depuis le 8 septembre 1943, les forces allemandes succèdent à l’armée italienne et occupent la Haute Savoie et Annecy. La gestapo y conduit une politique répressive implacable avec de multiples arrestations arbitraires. Le débarquement du 6 juin 1944 tend un peu plus la situation. Le 17 juin, l’Armée Secrète commandée par Joseph Lambroschini dit Nizier et les Francs Tireurs Partisans Français dirigés par André Augagneur dit Grand constituent un état major des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) afin de coordonner leurs actions et améliorer leurs capacités d’intervention. La Résistance haut-savoyarde cherche, dès lors, à isoler les garnisons de la Wehrmacht, à limiter leurs communications et à les détruire ville par ville.

Le parachutage des Glières

Le 1er août 1944, 36 avions américains larguent des centaines de containers qui vont s’éparpiller sur le plateau des Glières. Grace à cet apport d’armes, la libération du département commence à s’organiser. Le vendredi 11 août, la mobilisation générale est lancée par les FFI. Le débarquement de Provence entre dans sa phase active le 15 août et la Résistance en profite pour harceler encore un peu plus l’occupant.

Les premières villes de Haute-Savoie libérées

Evian les Bains est la première grande ville libérée, le 16 août 1944 : 800 soldats Allemands capitulent face aux forces de la Résistance. Saint Julien en Genevois est reprise le même jour, nombre d’allemands fuient vers la Suisse. Le 17 août, se sont les durs combats de Thonon les Bains, ville libérée au prix de 17 résistants tués. Chamonix et Le Fayet sont reprises le même jour, malgré une forte présence de douaniers allemands. Après quatre jours d’encerclement, Cluses tombe aux mains des résistants le 18 août. Annemasse est libéré le même jour.

La libération d’Annecy signe celle du département

Le 18 août au soir, le nord du département est aux mains de la Résistance mais l’étendard nazi à croix gammée flotte toujours sur l’Impérial à Annecy. Les efforts des FFI se portent alors sur la libération de la ville chef lieu où les allemands restent très puissants. L’état major FFI verrouille les entrées d’Annecy. Toutefois, afin d’éviter un bain de sang, le commandant Nizier organise pour le 19 août à 6 heures du matin une réunion pour négocier la reddition des troupes allemandes. Le colonel Mayer, commandant les forces d’occupation, signe l’acte de reddition à 14h à l’hôtel Splendid. La libération d’ANNECY, sans combats ou actions de violence, signe celle du département. La Haute-Savoie est libérée par les seules forces de la Résistance réunies, avant d’autres villes importantes comme Lyon ou Grenoble. Le département de la Haute Savoie a su être un pilier de la Résistance Française. Nombre de savoyards se sont battus pour le retour des valeurs de la République : la liberté, l’égalité et la fraternité.