Actualités 2016

70ème anniversaire du procès de Nuremberg

 
Procès de Nuremberg

Image Mémorial de Caen © US Army / Le Mémorial de Caen

Entre novembre 1945 et octobre 1946, un tribunal militaire international constitué par les vainqueurs de la guerre siège dans les ruines de Nuremberg. Ce choix se veut symbolique cette ville étant le théâtre du congrès annuel du parti nazi.

Les alliés assignent 22 dignitaires du IIIème Reich représentatifs de tous les secteurs du pouvoir : politique, militaire, économique ou idéologique. Par ailleurs, six organisations sont déclarées criminelles au même titre que les individus : le cabinet du Reich, le corps des chefs politiques du parti nazi, le haut commandement des forces armées allemandes, la SS, la SA et la Gestapo. Pour la première fois un tribunal peut poursuivre des personnes en raison de leur appartenance à des organisations.

 Ce procès est unique par sa dimension morale. Il porte un double projet ambitieux : juger les responsables de la guerre la plus meurtrière de l’histoire tout en définissant un nouveau droit international. Son objectif est de mettre la guerre hors la loi et d’empêcher tous nouveaux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, cette notion juridique étant définie pour la première fois pour qualifier le génocide juif.

Depuis la fin du XIXème siècle et les conventions de La Haye et de Genève, la conduite de la guerre se trouve régie par des règles qui protègent, en théorie, les prisonniers et la population civile. Le 8 août 1945, les accords de Londres définissent les crimes retenus lors du procès de Nuremberg : « crime contre la paix », « complot contre la paix » (ou guerre d’agression), « crime de guerre » et « crime contre l’humanité ».

Le 1er octobre 1946, le tribunal condamne 12 prévenus à mort par pendaison, 3 à des peines de prison à vie, 4 de 10 à 20 ans de prison et 3 seront acquittés (Schacht, directeur de la Reichsbank avant 1939, Von Papen, ancien chancelier et Fritzsche, journaliste responsable des nouvelles au ministère de l’intérieur). Les condamnés à mort seront pendus dans la nuit du 16 au 17 octobre 1946 tandis que les autres prévenus rejoindront la prison de Spandau à Berlin.

Suivant cet exemple, un tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient sera mis en place pour juger les crimes commis sur le front du pacifique.

Le procès de Nuremberg suscite de nombreuses critiques car les puissances alliées commirent aussi des actes assimilés à des crimes de guerre (bombe atomique, bombardements de Dresde et Hambourg, massacres de Katyn…). Mais les véritables failles du procès viennent surtout des États qui n’ont su ou voulu appliquer les leçons de celui-ci. Après Nuremberg, ni la guerre, ni les crimes que le procès avait dénoncés ne devaient disparaitre.

François de Menthon source photo : © 2002 - Chancellerie de l'Ordre de la Libération crédit photo : D.R

François de Menthon

François de Menthon (1 900 - 1984), un haut-savoyard procureur au procès de Nuremberg

Agrégé de droit, il fut professeur à la faculté de droit de Nancy. Il rejoint la résistance dès 1940. Il reçoit à plusieurs reprises Jean Moulin au château de Menthon-Saint-Bernard. Il a fondé le mouvement Liberté à Annecy, puis à Lyon en novembre 1940 . Il fut l’un des responsables du mouvement "Combat" issu de la fusion de Liberté avec le mouvement fondé par Henri Frenay "Petites ailes de la France" fin 1941. En 1943, il a ensuite rejoint le général de Gaulle à Londres puis à Alger où il est nommé Commissaire à la Justice au sein du Comité français de la Libération nationale d'Alger.

Membre dirigeant du Mouvement républicain populaire (MRP), délégué français comme procureur au procès de Nuremberg, il y prononce le réquisitoire introductif avant de démissionner le 20 janvier 1946 pour se consacrer à la politique française.

François de Menthon est nommé Ministre de l’Économie nationale de juin à novembre 1946 dans le cabinet Bidault. Il est ensuite élu député MRP de Haute-Savoie jusqu’en 1958 et en préside le groupe parlementaire à l'assemblée de 1948 à 1952. Il se consacre particulièrement à la construction européenne et fait partie du comité qui donne naissance au Conseil de l'Europe. Quittant la politique en 1958, il retourne au village de Menthon-Saint-Bernard dont il fut le maire de 1945 à 1977