Actualités 2017

Hommage à Lucien Colonel qui nous a quitté après une vie consacrée au devoir de mémoire

 
Lucien Colonel ©Colette Lanier le Dauphiné libéré

Lucien Colonel

Lucien Colonel est né à Paris le 21 juillet 1925.

En octobre 1942, à 17 ans, il rejoint le mouvement de résistance « Libération Sud » pour lequel il mène une forte activité clandestine : établissement et distribution de tracts, agent de renseignement et de liaison auprès des autres réseaux pour l’Isère et la Savoie. Il participe à l’organisation de la manifestation patriotique du 11 novembre 1943 à Grenoble et Oyonnax où fut commémorée l’armistice de 1918. L’évènement eut un retentissement considérable dans la région, puisque cette manifestation figure dans les citations dont a fait l’objet la ville de Grenoble. Toutefois, environ 1500 manifestants sont arrêtés devant le monument des Diables bleus, dont Lucien Colonel.

Interné à Compiègne, il est déporté à Buchenwald le 17 janvier 1944, puis à Dora le 11 février 1944. Lucien Colonel sera ensuite affecté à plusieurs commandos (Osterhagen, Mackenrode et Wieda). A compter du 7 avril 1945, il commence une marche de la mort, les nazis évacuant les camps devant l’avance allié. Il s’évade le 12 avril 1945, échappant ainsi à la tragédie de Gardelegen où 1016 déportés furent brûlés vifs.

Rapatrié le 4 juin 1945, il sera suivi au sanatorium jusqu’en juillet 1948.  Grand invalide de guerre, il commence une carrière de reporter photographe au Dauphiné Libéré d’Annecy. Activité qu’il quittera le 4 juin 1980. En retraite, Monsieur Colonel engage alors un travail de mémoire sur les camps de concentration et d’extermination. Il organise des voyages de pèlerinage dans ces camps, voyages au cours desquels il se constitue un fonds photographique qu’il présentera au public dès 1990. De ce travail naitra l’exposition « Lieux de Mémoire, l’univers concentrationnaire nazi hier… et aujourd’hui ».

Parallèlement, Lucien Colonel participera régulièrement à la préparation de collégiens et lycéens présentant le concours de la Résistance et de la Déportation en organisant des rencontres avec les élèves. Il ne cessera de rédiger des articles sur la résistance et la déportation, tout au long de son existence.

Commandeur de la Légion d’Honneur, Médaillé Militaire, il nous quitte à 92 ans, après une vie dévouée au souvenir de ses camarades déportés.